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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 23:30
5.jpg     Emperor

Anthems to the Welkin at Dusk
Candlelight Records, 1997



Au milieu des années 90, la première vague du black métal norvégien est décimée. Entre les morts et les incarcérés, la scène a perdu ses plus grands leaders. Il est temps pour leurs disciples de souffler leur haine. Après leur rencontre avec Euronymous, les ex-Thou Shalt Suffer ont réorienté leur musique pour fonder Emperor et poser les bases d'un black grandiloquent avec In the Nightside Eclipse. Les bases sont là, mais le résultat n'est pas encore assez détaché des fondamentaux primitifs du style. Ihsahn rêve d'orchestrations et d'harmonisations bien plus complexes.

Mais après In The Nightside Eclipse, Emperor est en panne. Samoth est à l'ombre pour quelques temps suite aux incendies d'églises. Faust est également à l'ombre pour encore plus longtemps. Tchort a fait ses valises. Loin de se laisser abattre, Ihsahn va mettre à profit ce temps pour étudier la théorie musicale, et pour se préparer à mettre en place la musique de Emperor telle qu'il la conçoit. Au moment d'enregistrer, le groupe est au complet, comptant dans ses rangs Alsver (Dødheimsgard) et surtout Trym, l'excellent batteur qui a quitté Enslaved. Dès la fin 1996, le mini Reverence met sa petite claque. Le nouveau titre "The Loss and Curse of Reverence" est énormissime. Mais il faut encore attendre avant la sortie de l'album. En grinçant des dents, il faut patienter en se matant une vidéo assez cliché (mon dieu, l'armure de Goldorak). Viteuuu !!

Anthems to the Welkin at Dusk fait partie de ces rares albums qui scotchent dès la première écoute. J'éprouve encore une très grande difficulté à ne pas l'écouter d'un bloc, tellement il est bon de le boire jusqu'à la lie. L'intro "Alsvartr (The Oath)" est déjà ensorcelante avec son arpège étrange qui évolue vers un final grandiose et impérial ! Et dès "Ye Entrancemperium" (et son riff d'intro signé Euronymous), la machine est lancée. Hypnotique ! Le black de Emperor est violent, grandiose, complexe et gorgé d'ambiances étourdissantes. Des claviers viennent appuyer avec parcimonie des rythmiques déboulant à cent à l'heure. Trym martèle sa batterie comme un diable, préparant le terrain pour des grattes incisives, précises et avides de notes. Ihsahn alterne ses hurlements de damné avec des chants clairs guerriers excellents. Bref, LA méta-tarte dans la face à tous les étages.

Blindés de nombreux riffs, les titres évoluent fréquemment, passant d'un passage sauvage à des moments plus ambiancés ("Thus Spake The Nightspirit" est le parfait exemple). Les morceaux s'articulent entre violence et mélodies guerrières, allant jusqu'à l'épique et excellent "With Strength I Burn" et son passage central idéal pour se pavaner à la proue d'un navire (p'tain, quel titre de mammouth). Emperor s'affranchit des couplets/refrains/pont pour se lancer dans une écriture qui semble chaotique. Chaque titre apporte son lot de retournements de situation, mais se déroule pour mener quelque part. Et le groupe nous mène par le bout du nez jusqu'à l'outro de l'album "The Wanderer", qui laisse dans un état d'hébétude avancé. Quelque chose d'énorme vient de sortir des enceintes, c'est certain. Emperor fait partie de ces rares groupes qui méritent le qualificatif "symphonique", car il ne se contente pas d'un synthé qui fait piou piou à coups de nappes. Les orchestrations sont là en grand nombre et elles sont parfaitement intégrées dans des compositions évoluées qui demandent plusieurs écoutes pour être digérées. Talent et maîtrise.

Et c'est évidemment au Grieghallen que Pytten va mettre en boîte ce brûlot. Je ne vous fais même pas l'insulte de présenter ce producteur qui le premier a posé sa marque sur la scène norvégienne. La mise en place est démentielle, savant ajustage entre sauvagerie brute et maîtrise totale. Si vous écoutez attentivement les titres, certains passages rapides ne sont pas nickel-chrome dans la mise en place. Mais c'est bien aussi ça qui apporte un côté complètement débridé aux morceaux, comme dans beaucoup d'albums culte, et contrairement à ce que pensent les producteurs d'aujourd'hui. Le cœur de la bête est palpitant et saigne d'être humain. La production de Pytten et Jørgen Træen fait la part belle aux mediums, délaissant quelque peu les habituelles basses. Je me souviens ma surprise d'avoir un son aussi clinquant dans les oreilles. Mais l'identité sonore du groupe est parfaitement affirmée et on reconnaît cet album à mille lieues. Il serait impossible de l'écouter avec un son différent (au diable, les remasterings superflus).

Toujours fana des artworks à la Gustave Doré, Emperor va définitivement mettre en place son style avec cet album. In the Nightside Eclipse l'a ébauché, Anthems to the Welkin at Dusk va l'affirmer. Album de l'explosion pour le quartet déjà bien connu, il représente la période dorée de Candlelight chez qui on assistait parallèlement à la montée en puissance de Opeth. Ceux qui ont assisté au concert de Toulon ou aux concerts de reformation ne peuvent qu'apprécier la puissance des titres de cet opus sur scène. Loin de s'arrêter dans son évolution, Emperor va pousser un cran plus loin avec un IX Equilibrium plus death et plus orchestral. Mais rien n'égalera plus jamais la sauvagerie et la suprématie de Anthems to the Welkin at Dusk. Comme dirait Virginie Effira, c'est cultissime !!


Tracklist (43:58)
1 - Alsvartr (The Oath) (04:18)
2 - Ye Entrancemperium (05:15)
3 - Thus Spake the Nightspirit (04:30)
4 - Ensorcelled by Khaos (06:39)
5 - The Loss and Curse of Reverence (06:10)
6 - The Acclamation of Bonds (05:54)
7 - With Strength I Burn (08:17)
8 - The Wanderer (02:55)

 
Profil MySpace officiel : http://www.myspace.com/emperorhorde

Site officiel
: http://www.emperorhorde.com
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