Cette année encore, le Party San a été l'occasion d'assister à un joli défilé de vestes à patch. Traversant les modes et les âges (à l'étranger, tout du moins), cet accessoire vestimentaire typiquement metalleux fait chaque année de nouveaux adeptes. Qu'elles soient classes, totalement dark ou cradingues au possible, en cuir ou en jean, les vestes permettent de s'afficher comme partie prenante d'un microcosme au sein de la grande communauté metal. On affiche ses groupes de doom préférés, des groupes de death plus old school les uns que les autres ou les groupes de black mythiques. Ne voyez aucune malice dans mon propos ; les vestes à patch sont pour moi un élément indissociable du public metal. J'avoue que certaines sont à tomber par terre. Tous ceux présents au Party San auront notamment remarquer cet Allemand avec un veste en cuir rouge et un magnifique portrait de Dio dans le dos.
Un sujet d'étonnement est le décalage qui existe parfois entre l'âge du porteur et les groupes arborés. Nombreux sont les "jeunôts" à peine sevrés, moustache naissante à l'appui, à porter fièrement des patchs Morbid (représentant Dead, of course) ou d'antiques groupes de thrash. C'est la période qui veut ça, avec une quête d'authenticité et un retour aux sources qui ont débuté il y a quelques temps déjà. Et cette année il était encore plus surprenant de voir le nombre de vestes Watain. Le groupe suédois fait actuellement des ravages chez les jeunes amateurs d'art noir, preuve de l'image forte qu'il renvoie. Au travers de sa veste, chacun rêve un peu de faire partie du "wolfpack", la meute de loups symbolisée par le groupe dans sa Black Metal Militia. Le backpatch au loup fait un malheur outre-Rhin. Nostalgiques de grands anciens de la scène black, biberonnés aux histoires d'Inner Circle et de mafias black metal, ces nouveaux adorateurs ont trouvé chez Watain les symboles fédérateurs et actuels qu'ils recherchaient. Ils n'affichent plus des groupes du passé, mais participent à l'histoire en marche. Peut-être que le vœu de Danielsson va finir par se réaliser : des gens pratiquant des actes illégaux ou terroristes au nom de Watain.
©2010 Ester Segarra Si certains considèrent Watain comme des vendus depuis Sworn to the Dark, il faut croire que le succès du groupe ne l'empêche pas de conserver son image et sa notoriété auprès d'une frange du public. Jusqu'à quand ce lien va-t-il perdurer ? Danielsson n'a jamais caché qu'il mènera Watain jusqu'où il lui sera possible de porter son message. Le groupe a fait sensation aux Grammis suédois en allant chercher sa récompense. Le train est toujours en marche et nous verrons très bientôt si les prochaines décisions de la trinité impie vont entamer son capital antipathie auprès des fans. J'en connais qui risquent de manger leur veste en cuir...