Quand VSGreg a voulu me tester (et ça implique des sévices inavouables, je vous l'assure), il a appliqué sa bonne vieille méthode: "Prends un album que tu aimes bien et fais-en une chronique". Ayant vu au fil de mes lectures de VS que Satyricon n'était pas présent, j'ai jeté mon dévolu sur leur dernière production à l'époque, Volcano. Mais après envoi à l'intéressé, VSGreg m'a avoué le détail qui tue: VS traite de l'actualité et ne publie pas des chroniques d'album vieux de deux ans! Caramba, un coup pour rien! Beyond the Apocalypse de 1349 deviendra donc quelques temps plus tard ma première chronique pour VS. Mais maintenant vous connaissez l'horrible vérité cachée comme un secret de famille!
Histoire de marquer mes cinq ans d'activité et mon premier million de dollars engrangés via VS, je vous publie ici la chronique oubliée. Elle vaut ce qu'elle vaut. A la rigueur, par mon attrait pour Satyricon à l'époque, elle est même bien mieux que mes premiers promos, l'exercice imposé s'avérant plus difficile parce qu'on connait moins/pas le groupe.
Happy birthday, le gâteau. Un Prince de Lu de cinq ans, ça doit pas être très gustatif...
| | Satyricon Volcano Capitol Records Norway, 2002 | |
Même si dans l'ensemble, il est largement plus heavy que son prédécesseur, les riffs tarabiscotés sont bien là et bien mieux exploités. De temps en temps, Frost se fend de blasts rapides pour éviter l'engourdissement (l'intro de "Mental Mercury" est une tuerie), mais nous sommes bien loin des rythmes effrénés de 1349. En fait, Satyr maîtrise son art et se fout royalement des étiquettes. Il joue sur les ambiances et nous propose des titres variés et efficaces. Au sein d'un même morceau, alternent joyeusement les blasts, les passages heavy voire atmosphériques, le tout dans une farandole de riffs acérés. L'album se termine magistralement par un titre de 12 minutes "Black Lava" avec une ambiance crescendo et des passages parlés sur fond de double à fond les ballons (Raaahh !! -> cri de contentement). On trouve même un titre total rock: "Fuel for hatred" qui n'est pourtant, à mon goût, pas du tout représentatif de l'album. Alors, pourquoi le groupe a-t-il fait une vidéo de ce titre précisément ? Je vous le demande.
Le pavé est lancé. J'ai utilisé deux fois un mot très grossier dans une chronique métal: "rock". Car, le groupe est maintenant prêt à rencontrer une audience plus large. Satyricon poursuit sa route vers des titres plus lourds et efficaces, toujours radicaux mais plus accessibles. Et la presse norvégienne ne s'est pas trompée en élisant Volcano meilleur album métal 2002 devant Dimmu Borgir (dans l'Aftenposten, "équivalent" du Monde en Norvège). Alors avant de crier aux vendus, il faut jeter une esgourde attentive sur ce que propose le groupe.
Ceux qui ont adhéré à la démarche des norvégiens au fil des ans ne seront pas déçus, parce qu'ils ont évolué avec le groupe et sa musique si personnelle. Ce n'est qu'à la fin de l'album qu'on réalise vraiment: "C'est bon. Ca n'a rien à voir avec Nemesis Divina mais alors, qu'est-ce que c'est bon...". Ceux qui ne connaissent pas Satyricon et les découvrent avec Volcano ne se rendront peut-être même pas compte qu'ils ont affaire un groupe de black. Oui, j'ai bien écrit black. Car, on peut jouer des titres heavy en gardant un esprit black. Et cet album dégage une ambiance indéniable, ce genre d'ambiance qui fait tourner un skeud pendant des jours sur sa platine même plusieurs années après sa sortie. Une chose est sûre: avec une sortie comme celle-là, ça va charcler en live et j'y serai !!