
DarkestrahEpos
No Colours Records, 2007
Ah ben, si on m'avait dit un jour que j'allais découvrir le nom d'un pays avec un groupe... Darkestrah est originaire de Bischkek, ville du du Kirigiri... du Kigiriri... du Kirghizstan! (nom di diou) Le line-up autochtone est épaulé pour les guitares/basse par un dernier membre allemand qui n'est autre que Anti (Anti, ex-Darkmoon Warrior). L'Allemagne s'est intéressé de près à ce groupe, puisqu'il est signé chez No Colours depuis 2005 et qu'il enregistre au pays des teutons également. La qualité sonore est bien de stature européenne, et non un groupe slave obscur enregistré dans une cave entre deux bombardements.
Autre surprise, Epos est constitué d'un seul titre! Si vous aviez râlé avec les deux morceaux de l'album de Moonsorrow, vous n'allez pas être déçu. Le titre éponyme de 33'33 minutes (c'est sûrement mystique) est en réalité découpé en plusieurs parties. Mais il forme un ensemble cohérent, et rien ne choque dans le fait que cette unique piste ne soit pas scindée. Il faut se taper le voyage dans son intégralité, ce qui est plutôt très plaisant.
Côté musique, Darkestrah propose un black mélodique, qui privilégie la mise en place d'ambiances. Ce black atmosphérique joue sur la redondance des rythmiques et une évolution lente des riffs. Tout part du bruit des vagues, pour s'y terminer une demi-heure plus tard. Le titre s'écoule lentement mais les changements sont suffisamment nombreux pour éveiller la curiosité. Quelques breaks sont vraiment très classieux (celui à 20' qui enchaîne sur une partie de violoncelle est très bien amené). Comme vous pourrez le constater dans l'extrait, des instruments traditionnels font leur apparition par moments. En fait, ce Epos se trouve souvent à mi-chemin entre black atmosphérique et black folk, avec quelques airs de Taake dans la guimbarde et les chants clairs de la partie centrale. Des chants tribaux, qui font penser à des chants lapons, viennent clore cet opus.
Je trouve que le chant black demande une certaine prise en main (je lui trouvais au départ une ressemblance avec Wykked Wytch, pour vous dire). Mais musicalement, cet album de Darkestrah vaut le détour, rappelant pas mal les groupes de la fin des années 90. Du coup, j'ai investi dans le reste de la discographie. Et après écoute, je suis un peu déçu de ne pas pouvoir parler de ce groupe du Kirigigi... du Kigirigi... du Kirghizstan dans un webzine avec plus d'exposition. Il l'aurait vraiment mérité. Quelle idée de signer chez No Colours aussi...
Tracklist (33:33)
1 - Epos (33:33) -> Extrait de 4:12
Site officiel: http://www.darkestrah.vze.com