![]() | Profane Hérétique Ârya Othal Productions, 2009 | |
On ne va pas se la jouer vierges effarouchées entre nous. Mais cela n'empêche pas d'être un minimum lucide non plus. Les membres de Profane peuvent afficher une philosophie suprématiste mâtinée d'influences indo-européennes, ce sont surtout les résurgences du monde contemporain qu'ils mettent en avant au travers de leur album. Photos du groupe à l'allure de statues marbrées dans le style de l'art monumental, pochette arborant un casque bien trop reconnaissable, textes louant les valeurs nordiques, la voie du sang et émaillés de phrases en allemand. Bref, les ex-membres de Griffar et Black Dementia regroupent en quelques pages l'ensemble des éléments du fight club sans oser se proclamer membres du fight club. Ca va nous valoir un beau concert de bras tendus le 7 juin prochain, concert néanmoins alléchant et principale motivation pour pondre cette chronique rapidement. Surtout que l'album vaut largement l'écoute.
Ce qui m'accroche instantanément sur cet album, c'est la voix rageuse, véritable souffle spectral, froid et glacial que je rapprocherai de la voix d'Arkanes sur les premiers Seth. L'impression peut aussi être appuyée par une basse qu'on entend parfaitement ronronner au second plan et qui apportent de nombreuses mélodies. Bref, j'adore ce type de vocaux, trop rares à mon goût, qui éructent haineusement des textes bien appréhendables en français. Rien que pour cette marque de goût, je suis déjà conquis.
Musicalement, Profane n'est pas en reste. Othal les attache à un black/pagan rageur. Mouais. J'y vois surtout la vibrante vitalité du black français, un black qui ne s'embarrasse pas de détails et qui arrose crûment les premières lignes ennemies, menant l'assaut avec une certaine mélancolie. Si on peut penser à l'ancienne mouture de Griffar (batteur oblige), les vieux Deathspell Omega s'ajoute aux premiers Seth, bien que Profane s'avère respectivement moins raw et moins grandiloquent que ces deux références. Les blasts déstructurés de "Les Sinitres Légions..." peuvent évoquer la fureur d'Antaeus ou de Hell Militia. Qui qu'il en soit, Profane s'accroche ardemment à une vision passéiste assumé, gardant son black pur de tout insert death ou autres carabistouilles martiales. Et le groupe place même quelques moments aussi épiques que leur univers le permet (le final de "L'Enclume de la Race"), parfois à coups de chœurs guerriers. Peut-être est-ce la caution pagan qu'évoquait Othal.
A des plans en trémolos d'un black classique mais efficace, Profane ajoute quelques plans plus thrashy (voire viking sur le bien nommé "På Vikingtod") et casse fréquemment sa dynamique pour se relancer quelques mesures plus loin. La formation est au service de son concept et de ses textes, textes d'ailleurs partiellement traduit en anglais dans le livret. La multiplicité des riffs, épaulés par de nombreux changements de rythme, font de cet Hérétique Ârya un bloc froid et haineux sans temps morts. L'album se déroule, provoquant le headbang fiévreux. De la bien bonne came, musicalement parlant.
Tracklist (43:28)
1 - Ennemi du Genre Humain (4:37)
2 - Sur l'enclume de la Race (6:50)
3 - Hérétique Ârya (3:09)
4 - På Vikingtod (2:33)
5 - Et s'ouvre le Ciel étoilé (5:30)
6 - Les Sinistres Légions de Soldats à Tête de Mort (6:39)
7 - La Parole Obscure du Paysage Intérieur (3:22)
8 - Les Noces du Ciel et de l'Enfer (4:52)
9 - La Supra-Humanité Solaire (5:56)
Profil MySpace officiel: http://www.myspace.com/profaneheretikarya
