![]() | Absolutus Ostendit Quam Nihil Sumus GoatowaRex Records, 2005 | |
Ma première rencontre avec Absolutus s'est déroulée lors d'une commande lambda chez un vendeur australien. Ayant rempli mon cabas, j'ai trainaillé dans la distro et je suis tombé sur le sobriquet Absolutus que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam. Pas d'extrait, pas de site. Bon, allez hop, soyons fous et me voilà parti pour commander à l'aveuglette cette pièce-ci. Quelle ne fut pas ma déception, à la réception du colis, en découvrant un infâme projet, si horrible que je l'ai effacé de ma mémoire et placé immédiatement en vente sur VS.
Quelques temps après, un beau ténébreux costumé du forum m'achète la bestiole. J'étais aussi content de m'en débarrasser que lui de l'acquérir et la transaction fut rapide et indolore. Ma surprise a été grande quand il m'a recontacté quelques jours après pour me signaler que le CD dans le boitier n'était visiblement pas le bon. Ah merde. Avec l'honnêteté qui me caractérise, j'ai jeté une poignée d'écus au manant pour calmer son ardeur. Mais me voilà intrigué et je me suis débrouillé pour en savoir plus sur cette mystérieuse formation belge. En termes clairs, je télécharge le bidule. Et après écoute, caramba! Vite, un achat!
Donc, pour ma défense, le CD, qui remplit le boîtier dans lequel j'ai investi, est intégralement noir. Aucune marque, aucune annotation, pas l'ombre d'un logo ou d'un texte de copyright. Et ce noir intense, c'est ce qui caractérise le mieux Absolutus. Projet du wallon (en tout cas, francophone) Abstrusus, l'album au nom latin est la première sortie du combo liégeois. Un EP trois titres a également vu le jour en 2007 chez les bataves de Melaskhole Productions, en attendant le second album Pugnare in iis, quae obtinere non possis (oui, les titres sont un peu longs) prévu originellement pour fin 2008. A noter que le troisième album et un split avec Grimfaug étaient déjà sur l'étal l'été dernier, et ils sont peut-être bien consolidés à l'heure où j'écris.
Côté zikal, attendez-vous à du bon vieux blast à l'ancienne sur les 4 titres de ce premier opus. Batterie martiale mais néanmoins variée, riffs mélodiques en trémolo presque continu, voix de corbeau éviscéré. Absolutus m'évoque clairement les élans les plus agressifs d'un Nehëmah qu'on priverait de ses parties atmosphériques. Normalement, vous venez de vous redresser sur votre siège à cette référence. Et elle le vaut bien, des mélodies employées jusqu'à une production nette mais crachouillante. Malgré la rigueur lancinante d'une rythmique qui pourrait sembler linéaire, Absolutus parvient à faire vibrer l'ensemble grâce à une guitare toujours en quête d'un nouveau thème, lancée dans une course éperdue pour atteindre palpitante le terme du morceau. On pourrait également penser que la technique quasi-continue blast/trémolo est limitée en terme de création, mais chaque minute s'écoule trop rapidement tellement on est happé dans les riffs sans fin des Belges. Le temps est une notion toute relative pour l'auditeur pris dans les griffes du groupe. Surtout que ce dernier s'avère maître dans l'art d'intégrer de subtiles variations qui poussent plus loin la curiosité.
Ce premier effort est une parfaite réussite, qui tombe à point nommé dans ma besace en attendant un nouveau Nehëmah. Pour cette découverte, merci au beau ténébreux qui hante les concerts de black de la capitale en costard. Non, je ne te revendrai pas mon exemplaire. Tu as été remboursé, gueux.
Tracklist (40:14)
01 – The Scale of Nothingness (11:17)
02 – The Ascending Plague (9:25)
03 – Dislocation of Time (8:45)
04 – Until the Conclusion of Ages (10:47)
Profil MySpace officiel : non
Site officiel : non plus
