| Sigrblot Blodsband (Blood Religion Manifest) Nordiska Förlaget, 2003 | |
D'ici deux ans, les puceaux qui sont en train de vous expliquer la vie sur les forums seront passés à autre chose. En attendant cet écroulement inéluctable, dès qu'on critique le énième album à la mode qui n'apporte rien, il faut poliment subir les remontrances d'un type qui a découvert telle scène ou tel style il y a à peine un mois. C'est pénible, mais on fait avec. Nous avons aussi débuté à un moment, mais nous n'avions pas la possibilité de l'ouvrir en public (et ce n'était pas plus mal). Passons.
Au milieu de l'ivraie, j'ai suivi le conseil fugitif d'un briscard sur un forum. Il se reconnaîtra certainement parmi la foultitude qui lit ce blog complètement trend, car peu de monde a parlé de cet album de Sigrblot. Je devrais dire "l'album" car le groupe n'a que très peu à son actif. Extrêmement mystérieux sur la composition du line-up, le projet est né au milieu des années 90, officiellement en 1996. Le groupe participe au travers de trois titres à deux compilations en 1997 et 1998. Puis, fin 1999, les larrons décident d'enregistrer leur premier album. Le processus va leur prendre jusqu'à l'hiver 2003 ! Peu pressé, Sigrblot s'avère plutôt perfectionniste.
Le point central de l'album est incontestablement le concept textuel. Longs et denses, philosophiques et ésotériques, les textes sont inspirés de l'idéologie d'auteurs aryens du XXème siècle. Ils représentent le point focal et demandent à l'opus de comporter de multiples parties vocales pour pouvoir placer l'ensemble sans déborder. Loin de paroles traditionnelles, les textes sont ici de véritables écrits engagés dignes d'essais littéraires.
Musicalement, c'est un joyeux chaos absolument dantesque. Proche de la fureur d'un Funeral Mist, proche des premiers Watain, Sigrblot n'hésite pas à mélanger à ses riffs de nombreux samples, à partir sur des passages black/folk (vibrants comme ceux de "The Shadowthrone" par moments), à rebondir d'un riff à l'autre en entretenant une violence exacerbée tout du long. La bête est dangereuse et, quand on la croit fatiguée, elle n'est que tapie et prête à bondir avec rage. L'album se conclut par une reprise du groupe australien Fortress, après plus de trois quarts d'heure de haute volée.
Grand et intense, Blodsband est un album qui a décanté pendant quelques années avant de nous être offert en pâture. Loin des one-man bands diarrhétiques, Sigrblot offre peut-être ici son unique album (le temps le dira), mais quelle méta-baffe dans la face… Ca faisait longtemps que je n'avais pas été tenu en haleine comme ça. Allez, je retourne à la multitude du moment en vous souhaitant bonne chance pour dégoter cet opus. Il en vaut grandement la peine.
Tracklist (48:05)
01 - Opening Mass (Let Us Pray) (1:55)
Chapter I
02 – Krigspsalm (2:22)
03 - Manifest (Blood Religion Part II) (3:48)
04 - Chaos Prayer; Deus Bellum (3:41)
05 - Crisis of Faith (5:40)
06 - Döende Generations Dom (4:48)
Chapter II
07 – Ödesjord (4:43)
08 – Blodsband (3:28)
09 – Hirdsång (3:38)
10 – Folkstorm (4:36)
11 - Sacrament (Blood Religion Part I) (3:29)
12 - Commie Scum (Fortress Cover) (5:47)
Site officiel : http://www.sigrblot.se