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  • : Le Blog du Gâteau Se© résume toutes les parutions que j'ai pu commettre sous le pseudonyme de Prince de Lu. Des liens vers mes chroniques, live reports, interviews.
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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 18:00
     Annbjørg Lien

Aliens Alive
Northside / Grappa Musikkforlag, 2002



Pour changer quelque peu des albums pétaradants et malsains
, je tenais à vous parler de folk dans ces pages. Vous connaissez maintenant ma petite marotte pour la musique traditionnelle, car j'essaie de glisser quelques chroniques de nouveautés de temps en temps sur VS. Mais cette fois, je ne vais pas vous entretenir d'un album récent. Surtout pas de An Ancient Muse de Loreena Mc Kennitt, car la chronique est dans la base de VS et devrait sortir un jour (je l'espère). Non, je vais rembobiner quelque peu le fil des évènements...

J'étais dans le train, en partance pour un énième déplacement professionnel. Et très tôt le matin, je ne diffère pas des autres voyageurs fatigués par les transports quotidiens : j'ai le front collé à la vitre embuée avec un filet de bave à la commissure des lèvres (il était vraiment très tôt). Plutôt que de m'assassiner mes oreilles à peine éveillées, je me suis réécouté le premier album live de la norvégienne Annbjørg Lien. Et c'est là
que je me suis dit qu'il fallait absolument que je vous parle de ce concert enregistré en 2001, alors que la musique épousait avec une beauté inouïe les vieilles fermes en pierre qui s'éveillent dans un épais brouillard et les paysages vallonnés et grisonnants.

Annbjørg Lien est musicienne depuis son plus jeune âge et reconnue depuis longtemps en Norvège, Sa première apparition sur la chaîne nationale norvégienne NRK date de 1986 et son premier enregistrement de 1983. A la fin des années 80, elle est un des quatre membres du groupe Bukkene Bruse, et en parallèle sort des albums solo. Son talent l'amène à faire des participations à des albums prestigieux (dont Tears of Stone des Chieftains en 1997, s'il vous plaît). Instrumentiste renommée, elle est aussi réputée pour son jeu au violon classique qu'au fiddle (violon traditionnel scandinave) dont elle maîtrise plusieurs formes, même si le Hardanger reste son instrument de prédilection. Lors de l'enregistrement de Aliens Alive, Annbjørg Lien a 32 ans. Voila pour la petite histoire.

Quant à cet album... Saisissant, fabuleux, difficile de ne pas manquer de superlatifs concernant sa teneur. Après une introduction toute scandinave, "Loki" démarre porté par des samples envoûtants. Le folk résolument moderne de Annbjørg Lien prend toute sa dimension et toute sa splendeur en quelques minutes. Entourée de grands instrumentistes (dont le guitariste des suédois Väsen), la norvégienne fait vibrer son fiddle avec maestria. L'auditeur pénètre dans un univers de poésie et de douceur superbe. Et à chaque fois, je suis surpris et tiré de mes rêveries par les applaudissements du public en fin de morceaux. Puisé aussi bien dans ses albums que dans le répertoire traditionnel, chaque titre du live est tout simplement magique. Malgré une absence de voix dans ce spectable instrumental, ce live est un monument resplendissant de la beauté des odes scandinaves.

Le son ne déroge pas à l'ensemble. Il est excellent de netteté et de puissance retenue. Les basses vibrent doucereusement, les aigus sont impeccablement perceptibles. Rien n'est à redire et surtout pas l'interprétation absolument impeccable. Loin des approximations des groupes électriques, l'ensemble des musiciens livrent ici une partition parfaite qui sublime les titres. Cet album est une exception, même pour quelqu'un comme moi peu adepte des enregistrements en public.
La musique prend toute son essence en live, quand on la vit en concert, quand on s'imprègne des vibrations des morceaux au contact des musiciens. Mais ce Aliens Alive arrive à retranscrire en numérique l'atmosphère du concert, comme si on y était. Absolument indispensable!

Il est temps de terminer cette chronique comme elle a commencé : en parlant du dernier Loreena Mc Kennit. Déjà listée sur de nombreux albums, Annbjørg a enregistré le violon de "Penelope's Song" de An Ancient Muse. Si je n'ai pas réussi à vous donner envie de vous pencher sur ce live, peut-être que l'intérêt de la rouquine canadienne pour cette talentueuse norvégienne peut vous faire changer d'avis.

Tracklist (70:24)
01 - Rose (5:11)
02 - Loki (5:36)
03 - Origins: Tidr/Nordfjordhalling/Oainnahus/Homage/Phoenix (14:35)
04 - Water Lily (5:13)
05 - Morning Mood (0:31)
06 - Knepphalling (4:12)
07 - Larry Goes Log-Driving: Old Larry/The Log-Driver (5:30)
08 - Luseblus (5:02)
09 - Astra (5:12)
10 - Inoque (4:40)
11 - Aliens Alive: Wackidoo/Crusade/The Wild Winter (9:58)
12 - Fykerud's Farewell to America (4:44)

Site officiel: http://www.annbjorglien.com
Extraits audio sur le site de Grappa
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11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 22:00
     Crystalium

Doxa O RevelatioN
Aura Mystique, 2007



Et voici que sort enfin le quatrième opus des Lyonnais de Crystalium. Et ce groupe dont la réputation n'est plus à faire était attendu au tournant. Attendu car les précédentes galettes sont des albums monumentaux à la gloire du black metal élitiste. Attendu car les mouvements de line-up ont fait craindre une perte d'efficacité notable au combo. Et quand le premier extrait du nouvel album a été dévoilé, j'ai bien eu un peu peur. Pas transcendant, le nouveau titre pouvait laisser présager un album moins explosif que De Aeternitate Commando ou Diktat Omega. Et bien, en fait, pas du tout... Mais alors  pas du tout, du tout.

Après une longue introduction de plus de trois minutes, Doxa O RevelatioN explose à la gueule dès "Entrailles et Univers". Riffs black/death de haute volée, blasts épileptiques, présence énorme de textes en français fouillés. Pas de doute, ce nouveau Crystalium peut s'afficher sans complexe au côté de ses prédécesseurs. Les nouvelles compos tracent comme des off-shores, pulsées par une batterie plus démoniaque que jamais. L'interlude "Passe le mot" est là pour créer une accalmie orchestrale, avant que ne reprenne le pilonnage intensif de nos esgourdes. La brutalisation est sévère mais les passages plus calmes, bien que rares, sont très réussis aussi. "Le VIIème radical" s'avère comme porté par une nappe atmosphérique, une sorte d'impression de flottement cotonneux qui donne au titre toute son ambiance.

Au final, l'extrait proposé "Silence, silence Porteur d'honneur" est le titre le plus mélodique de l'album. Et surtout, la version du player sur le site du groupe n'a pas grand chose à voir avec la puissance finale du titre. Je ne sais pas ce qui a été bricolé mais le titre du player sonne tout pourri. A oublier au plus vite!!

Pris dans son ensemble, cet opus tient parfaitement la route et mes doutes se sont complètement envolés. Sans parlé de révélation, ce qui n'est plus le cas pour ces vieux routiers français, Doxa O RevelatioN est une bonne claque derrière les oreilles, un album radical qui satisfera les amateurs du combo. J'ai hâte de voir tout ça en live au mois de mai. Amon! Amon!

Tracklist (64:53)
1 - Doxa O RevelatioN (3:23)
2 - Entrailles et Univers (6:05)
3 - Silence, Silence Porteur d'honneur (7:03)
4 - A l'Absinthe, à l'Extrême (7:41)
5 - Passe le Mot (2:40)
6 - Le VIieme Radical (5:00)
7 - Discipline Nation Négative (7:26)
8 - Doxa O RevelatioN (8:01)
9 - Propagande Cillaguienne (7:56)
10 - D. Dei la Messianiste (6:42)
11 - A l'Origine (2:46)

Site officiel: http://www.crystalium.tk
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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 22:00
     Darkestrah

Epos
No Colours Records, 2007



Ah ben, si on m'avait dit un jour que j'allais découvrir le nom d'un pays avec un groupe... Darkestrah est originaire de Bischkek, ville du du Kirigiri... du Kigiriri... du Kirghizstan! (nom di diou) Le line-up autochtone est épaulé pour les guitares/basse par un dernier membre allemand qui n'est autre que Anti (Anti, ex-Darkmoon Warrior). L'Allemagne s'est intéressé de près à ce groupe, puisqu'il est signé chez No Colours depuis 2005 et qu'il enregistre au pays des teutons également. La qualité sonore est bien de stature européenne, et non un groupe slave obscur enregistré dans une cave entre deux bombardements.

Autre surprise, Epos est constitué d'un seul titre! Si vous aviez râlé avec les deux morceaux de l'album de Moonsorrow, vous n'allez pas être déçu. Le titre éponyme de 33'33 minutes (c'est sûrement mystique) est en réalité découpé en plusieurs parties. Mais il forme un ensemble cohérent, et rien ne choque dans le fait que cette unique piste ne soit pas scindée. Il faut se taper le voyage dans son intégralité, ce qui est plutôt très plaisant.

Côté musique, Darkestrah propose un black mélodique, qui privilégie la mise en place d'ambiances. Ce black atmosphérique joue sur la redondance des rythmiques et une évolution lente des riffs. Tout part du bruit des vagues, pour s'y terminer une demi-heure plus tard. Le titre s'écoule lentement mais les changements sont suffisamment nombreux pour éveiller la curiosité. Quelques breaks sont vraiment très classieux (celui à 20' qui enchaîne sur une partie de violoncelle est très bien amené). Comme vous pourrez le constater dans l'extrait, des instruments traditionnels font leur apparition par moments. En fait, ce Epos se trouve souvent à mi-chemin entre black atmosphérique et black folk, avec quelques airs de Taake dans la guimbarde et les chants clairs de la partie centrale. Des chants tribaux, qui font penser à des chants lapons, viennent clore cet opus.

Je trouve que le chant black demande une certaine prise en main (je lui trouvais au départ une ressemblance avec Wykked Wytch, pour vous dire). Mais musicalement, cet album de Darkestrah vaut le détour, rappelant pas mal les groupes de la fin des années 90. Du coup, j'ai investi dans le reste de la discographie. Et après écoute, je suis un peu déçu de ne pas pouvoir parler de ce groupe du Kirigigi... du Kigirigi... du Kirghizstan dans un webzine avec plus d'exposition.  Il l'aurait vraiment mérité. Quelle idée de signer chez No Colours aussi...

Tracklist (33:33)
1 - Epos (33:33) -> Extrait de 4:12

Site officiel: http://www.darkestrah.vze.com
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18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 23:00
     Kroda

Fimbulwinter
Hammermark Art, 2007



Le front de l'Est fait rugir un de ses meilleurs porte-étendards. Kroda est de retour, avec un véritable album prêt à prendre la relève des deux opus essentiels Cry to Me, River... et Towards the Firmaments Verge of Life... et des deux splits (dont le Kroda/Velimor traité sur ce blog et glissé dans le prochain HRM). Signe des temps, c'est directement chez le label allemand Hammermark Art que sort cette nouvelle offrande du duo ukrainien, label qui avait déjà réédité les précédents opus en 2005. Cinq titres (dont une reprise du "A Stormride" de Branikald) pour cinquante-cinq minutes de pagan slave.

Après quelques écoutes, je dirai que cet album est peut-être un peu moins pagan que les précédents. La part belle est faite aux rythmiques agressives et aux élans de double. Néanmoins, la traditionnelle flûte, le sopilka, est bien de retour pour enchanter nos oreilles de ses mélopées, accompagné d'une guimbarde magique. Moins structurante, elle joue toujours un rôle de premier ordre. Le mélange entre les instruments est savamment dosé et chacun prend une place importante sans écraser les autres. A ce niveau, des passages comme le changement de rythme dans la partie centrale de "Where Brave Warriors shalt meet Again" sont excellents et les changements de riffs bien pensés. Kroda, c'est toujours la grande classe au niveau composition. Les titres sont rentre-dedans et efficaces, portant des thèmes mélodiques entrainants. Bref, bien bonne accroche à ce nouvel album qui s'écoule impeccablement. Le reprise de Branikald est parfaitement intégré au reste des titres, montrant une nouvelle fois (après l'excellent "Jesu Død") que le duo ukrainien arrive à s'imprégner des morceaux des autres et en faire des titres personnels.

La production est moins roots que dans les précédents opus et les basses font une avancée dans le mix. Le grand gagnant est le batteur dont les excellentes parties de double ressortent vraiment bien.  La basse prend aussi plus de place, se mettant au niveau des guitares. Comme je le disais, l'harmonie entre les instruments est parfaite. Il ne reste plus qu'à la voix black de Eisenslav d'apporter sa caution de douleur et de souffrance.

Y'en a-t-il dans la petite assistance parcourant ce blog qui n'ont pas compris que cet album était excellent? En plus, le digipack est très beau (tout de bleu vêtu, ça change du marron automnal). Je ne vois aucune raison, je dis bien aucune, de ne pas investir dans cet opus. L'hiver frappe à la porte!! Laissez-vous gagner par l'hypothermie.

Tracklist (55:10)
1 - The Beginning of Winter Night, of Oskorei (11:43)
2 - Glacial Riders of Fimbulwinter (12:09)
3 - Where Braves Warriors shalt meet Again (8:56)
4 - Funeral of the Sun (10:58)
5 - A Stormride (Branikald cover) (11:24)

Site officiel: http://kroda.com.ua
Profil MySpace officiel: http://www.myspace.com/krodaband
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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 14:00
     Chur

Brate Vitre (Brother Wind)
Oskorei Music, 2006



Après une étape norvégienne, revenons dans le grand Est pour poursuivre notre voyage. Je vous propose aujourd'hui de parler de Chur, un groupe de folk métal ukrainien qui nous vient  de Kiev. Chur (ça se dit "Tchour") est un projet solo composé de Chur qui s'occupe de l'instrumentation et de la voix mâle. Il est accompagné de Viktoriya Kumanovskaya (ça, je ne sais pas comment ça se prononce)  et de Olena V. qui viennent poser leur voix superbe sur quatre titres. L'unique album du projet Brate Vitre est sorti autoproduit au printemps 2005... à seulement 20 exemplaires. Nous ne pouvons que remercier Oskorei Music d'avoir réenregistré et réédité la bête en novembre 2006 (avec trois bonus tracks, dont un titre traditionnel norvégien).

La musique folk métal de Chur se trouve à mi-chemin entre Arkona (le russe avec Mascha Scream) pour la structure des morceaux et Kroda pour la production. On se trouve donc face à un folk métal au son assez raw, ce qui ne gâche en rien l'immersion. Les instruments tradis, notamment balalaïka et bois, dans le genre, sont fortement exploités et apportent une touche slave incomparable aux morceaux. C'est bien souvent la voix mâle qui porte les morceaux très mid-tempo, l'instrumentation se contentant de gentiment suivre. Point de place à l'agressivité dans cet album et les rythmiques globalement lentes ne pourraient peut-être pas nous tenir en haleine à elles seules. Pour preuve, l'instrumental "Kuyaba" un peu en deçà. Mais pendant 67 minutes et principalement grâce aux voix, Chur réussit parfaitement son pari de nous faire voyager dans les grandes plaines ukrainiennes, au côté d'un troubadour nostalgique d'un autre temps.

Moins puissant et varié que Vo Slavu Velikim de Arkona, Chur tire tout de même son épingle du jeu en proposant un folk métal aux mélodies russes qui fleurent bon la nostalgie et la tristesse de l'âme russe. Contrairement à l'infâme Finist, Chur habille son folk d'un chant clair convaincant qui donne une touche de fragilité et de mélancolie triste aux titres. Bref, je conseille cette sortie à tous les amateurs de la scène de l'Est.

En attendant un nouvel opus, on retrouvera Chur sur la compilation Victory or Valhalla: The Pagan War for Earth qui sortira chez Eternal Winter Records cet été. Au programme, des morceaux inédits ou exclusifs de Chur, Munruthle, Temnojar, Gjenferdsel, Astrofaes, Vinterriket, Krynitza et bien d'autres. Vivement l'été et les fleurs jaunes à perte de vue dans les champs d'Ukraine...

Tracklist (67:54)
1 - Brother Wind (8:00)
2 - Oldman (5:55)
3 - The Raven (5:53)
4 - Sura (The Sun, bonus 2006) (4:56)
5 - Kuyaba (instrumental) (6:36)
6 - Karna (Sorrow of the Dead) (8:28)
7 - Three Ways (5:44)
8 - Spring the Wonderful (6:17)
9 - The Pussy-Willow board (chanson traditionnelle ukrainienne) (6:13)
10 - Power of Slavic Knights (reprise de ЦВЕТЫ datant de 1980, bonus 2006) (3:59)
11 - Herr Mannelig (chanson traditionnelle norvégienne, bonus 2006) (5:47)

Site web: http://www.chur.ho.com.ua
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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 20:00
     Malsain

They Never Die
Karisma/Dark Essence Records, 2005



Pour changer un peu des groupes slaves tendancieux, je vous propose de parler de Malsain. Bien que le nom du groupe soit bien tiré de l'adjectif français, il s'agit là d'un groupe purement norvégien qui nous vient du côté de Bergen. Démarré comme un projet solo, le groupe s'est formé réellement en 2003 pour nous pondre sa première démo Søte Drømmer début 2004. L'album dont nous parlons ici est sorti en mai 2005 chez Karisma Records. Alors pourquoi parler de Malsain maintenant, deux ans après ce premier effort? Et bien le combo se prépare à nous sortir un nouvel opus intitulé The Disease en mai 2007, tout simplement. Autant prendre les devants...

Malsain évolue dans un horror metal bien glauque. Comprenez par là que nous sommes dans un métal extrême mid-tempo aux atmosphères dignes des films de la Hammer. En gros, si vous cherchez une échappatoire aux soporifiques Khold, Malsain peut peut-être vous aider. A contrario de ses compatriotes, les jeunes de Bergen ne basent pas leurs compos sur deux riffs qui tournent en boucle. Les structures sont pâteuses mais évoluent lentement pour nous emporter dans la tombe. Le chant rocailleux de Skumring (qui est une gente dame) apporte la touche inhumaine à une musique digne d'une BO de film d'horreur. Ce côté "gothic" de la musique de Malsain donne toute sa dimension à leur travail.

L'album est court, à peine une demi-heure, mais je trouve que cela suffit amplement. Etiré plus longuement, il aurait pu lasser. Là, chaque titre trouve sa pièce dans la maison hantée, porté par une production ronflante très efficace. Il faut dire que They Never Die a été mis en boîte au légendaire Grieghallen sous la houlette de Pytten.

Sur le MySpace du groupe, vous trouverez deux titres de l'album, dont le clip de "Kvele Seg". Ce format vidéo convient parfaitement à l'univers très visuel du groupe; je vous le conseille très fortement pour vous mettre dans l'ambiance. Vous trouverez également deux titres du prochain opus, qui semble prendre un tour plus mélodique. C'est presque dommage, surtout si vous cherchez la prise à la gorge par un mort-vivant. They Never Die est peut-être l'occasion de découvrir le groupe avant qu'il ne perde ses toiles d'araignée et sa poussière. A bon entendeur.

Tracklist (29:34)
1 - Troubled Waters (0:58)
2 - The Marsh (4:15)
3 - They Never Die (4:47)
4 - Cold Strofobia (6:53)
5 - Kvele Seg (4:31)
6 - Brent Tre (3:37)
7 - Lokkemann (Demo Version) (4:31)

Site web: http://www.malsain.no
Profil MySpace: http://www.myspace.com/malsain

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14 janvier 2007 7 14 /01 /janvier /2007 18:00
     Loits

Vere Kutse Kohustab
Ledo Takas Records, 2004



Quand j'ai reçu le promo de Vere Kutse Kohustab pour VS, j'ai fait la gueule. Loits était difficilement chroniquable avec son imagerie tendancieuse, son logo encore plus tendancieux... et pourtant ça déboîte grave! Il est aujourd'hui temps de rendre justice à la musique des Estoniens, qui n'en sont pas à leur coup d'essai. Je ne peux que vous conseiller également Ei Kahetse Midagi si vous désirez vous intéresser au groupe. Ces nostalgiques de la seconde guerre mondiale ont même sorti un DVD, sur lequel ils plancheraient pour le sous-titrer en anglais. Tant mieux car, je ne sais pas pour vous, mais mon estonien est assez limité. Revenons à l'album qui nous intéresse. Késako Loits?

Et bien c'est du militant flak'n'roll. Cette appellation étrange est un mix entre black'n'roll et flak (canon anti-aérien), qui a été soufflé au groupe par Mart Kalvet de Herald lors d'une tournée. Cela synthétise fort bien l'aspect musical de Loits, à savoir du black fortement matiné de rock. Les morceaux sont principalement des mid-tempos rentre-dedans mais bien mélodiques. Les nombreuses variations de rythmes permettent de ne pas s'ennuyer une seconde. Le côté groove très proche de Satyricon ou Disiplin est également plus que palpable dans des titres courts (autour des 3-4 minutes) mais très prenants. J'ai fondu ma capsule plus d'une fois à l'écoute des albums, avec un headbang absolument irrépressible.

La production bien adaptée fait ronfler l'ensemble comme une machine de guerre. Des interventions d'accordéon ou de samples divers ajoutent une petite touche "désuète" à cet album nostalgique d'une période. Loin du minimalisme affiché par Satyricon sur son dernier opus, Loits propose un black'n'roll entraînant. Même si ma préférence va encore à Ei Kahetse Midagi, Vere Kutse Kohustab est album qui a vraiment de la gueule. Le label lithuanien Ledo Takas n'a pas fini de nous étonner, sachant que Loits prépare le prochain effort longue durée. Flak'n'roll!

Tracklist (55:16)
01 - Soomepoiss (4:00)
02 - Eesti Auks (3:33)
03 - Aeg Ärgata (3:30)
04 - Võitluslipp (4:34)
05 - Tuleristsed (4:12)
06 - Vanade Leegionäride Laul (5:27)
07 - Eluruun (3:50)
08 - Nimeta Haud (4:22)
09 - Kodu (4:07)
10 - Furor Aesticus (3:17)
11 - Oskar Ruut (4:14)
12 - Raiugem Ruunideks (10:08)

Site web: http://www.loits.org
Profil MySpace: http://www.myspace.com/loits

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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 11:00
     Knell

Among Eternal Chills
Griffin Music, 2006



Découvert au hasard d'une distro, Knell est un projet ukrainien qui vaut le jetage d'oreille. Le groupe a été formé par un duo, Dennis Verba et Nikolay Banin, en 1997 sous le patronyme de Black Harmony. Après une démo-cassette (1997) et un album-cassette Call Of Abyss (1998), le groupe se rebaptise Knell (sans le "petit Jean" qui va logiquement avec). Il enregistre l'album Burning Horizons chez Moon Records. Et puis Nikolay tombe gravement malade et s'éloigne de la musique. Knell rentre en léthargie. En 2003, Dennis Verba reprend le projet et travaille seul jusqu'à aboutir à ce Among Eternal Chills, sorti chez Griffin Music en novembre 2006.

Knell propose dans cet album un black mélodique à influence slave très varié. De nombreuses parties thrash émaillent des morceaux dynamiques, entrecoupés de passages plus calmes. Le principal écueil du projet est peut-être les voix. La voix black ne devraient pas rebuter les habitués de la scène balte et de ces vocaux éraillés assez zarbi. Les vocaux clairs, surprenants de prime abord, sont vraiment prenants et donnent une dimension humaine à la musique épique du projet. Knell ne se prive pas de certains ressemblances avec des groupes de black/heavy, comme Immortal, mais garde une touche mélodique slave très poussé.
Among Eternal Chills possède un côté organique qui rend l'album vraiment agréable à écouter, malgré la justesse de l'interprétation par moments.

Si vous êtes intéressés par la scène ukrainienne extrême mélodique, Knell devrait attirer votre attention.

Tracklist (36:08)
1 - Echoes From The Khud (07:29)
2- The Wind's Tale    (05:26)
3 - Kingdom Of The Ice (08:03)
4 - On My Wings Of Dreams (07:03)[jukebox]
5 - Among Eternal Chills (08:07)

Site web: http://www.knellzone.com
Page MySpace: http://www.myspace.com/knellzone

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2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 10:00
     Drudkh

Krov u nashykh Krynytsyakh (Blood in Our Wells)
Supernal Music, 2006

2006 vient de s'achever et le temps des bilans est venu (depuis un petit moment, d'ailleurs). Tout le monde y va de son avis, de son album marquant. Comme vous avez pu le lire sur VS, j'ai porté mon choix sur le saisissant quatrième album de Drudkh pour cette année révolue. Roman Saenko a frappé très fort en mars, très très fort. La baffe m'est restée en travers de la tête depuis ce temps et cet opus magistral de Drudkh a les honneurs de la platine chaque semaine.

Je ne reviendrai pas dans le détail sur cette sortie, tout le monde ayant pu y jeter une oreille, tout le monde ayant pu être frappé par la beauté froide du final de "When the Flame Turns to Ashes" ou le lancement furieux de "Solitude". Les mélodies de The Swan Road laissaient augurer une éclosion énorme et elle a bien eu lieu. Le blizzard glacial d'Ukraine emporte l'auditeur pendant 50 minutes, véritable tourbillon de haine contenue et de mélancolie. Drudkh porte longuement ses riffs uniques, pareils à nul autre groupe. Les thèmes évoluent lentement au fil de longs titres à l'atmosphère grandiose. Les enchaînements sont tout simplement fabuleux et limpides. Les riffs se suivent avec une logique et une beauté incomparables. Les guitares sont accompagnées par les hurlements déments de Saenko et un jeu de batterie impeccablement mis en place. La sobriété, et au final l'efficacité, de la composition donne à cet opus toute sa superbe. Et c'est ce qui fait toute la grandeur de cet album et qui nous téléporte dans des paysages enneigés où le silence s'impose.

La production signée Audio Alchemia, ZE studio de Kharkov, est un équilibre de son roots et de puissance tout à fait adéquat. L'écrin sonore de Blood in Our Wells vient compléter un tableau signé de main de maître. Rien n'est à jeter dans cet album, jusqu'aux intermèdes qui portent la marque de fabrique Saenko, des interludes qu'il n'a pas réussi avec autant de brio depuis les chants de Battlefields. Plutôt que nous lamenter sur la mauvaise qualité de Songs of Grief and Solitude, je vous propose de ne retenir que le meilleur de Drudkh, cette perle de black atmo. Blood in Our Wells va longtemps subir les outrages du laser, en rêvant d'un prochain album tout aussi bon.

Supernal Music vend une édition limitée en boîtier DVD avec un artwork complété. Cette offre est uniquement disponible sur le site du label.


Tracklist (50:04)
1 - Nav' (2:04)
2 - Furrows of Gods (8:57)
3 - When the Flame Turns to Ashes (10:37)
4 - Solitude (12:24)
5 - Eternity (10:38)
6 - Ukrainian Insurgent Army (5:02)

Site web: http://www.supernalmusic.com/labels/supernal/drudkh.htm
Page MySpace d'un fan: http://www.myspace.com/drudkhfansite
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11 décembre 2006 1 11 /12 /décembre /2006 12:00
     Triglav

When the Sun is rising above the Earth

CCP Records, 2006

A l'origine, cette chronique était prévue pour VS (j'allais la rédiger aujourd'hui). Et à la mention CCP Records, j'y suis allé assez confiant. Je connaissais déjà cet album mais je ne m'étais pas intéressé plus que ça à sa biographie jusqu'alors. Mais en commençant mes recherches pour la rédaction de la chronique, je suis tout de suite tombé sur la composition de Triglav: deux des trois membres sont le duo qui forme le groupe ukrainien Svarga (que je vous conseille au passage, j'en parlerai plus tard). Le côté "heathen" exalté par Triglav prend alors toute sa mesure quand le groupe annonce que le soleil se lève (la lumière vient donc de l'Est) ou dans le titre "...And the new Dawn is not for Everyone". Malgré ce penchant fâcheux, nous allons tout de même partir nous geler les valseuses dans une forêt ukrainienne pendant une nuit glacée. Avant de chausser les raquettes, je note dans un coin que CCP Records se met à distribuer des groupes ukrainiens, ce qui pourrait à l'avenir remonter le niveau faiblard du label autrichien.

Triglav est donc un groupe originaire de Kharkov, bastion ukrainien qui a vu la naissance de Drudkh/Hate Forest, Nokturnal Mortum et tous les projets associés, Dub Buk. Vu l'origine géographique du groupe, il n'est pas étonnant qu'ils pratiquent le pagan/folk, louant leurs ancêtres. Les morceaux sont toniques et le rythme reste soutenu avec des passages bien épiques sur fond de BAR lancée à pleine vitesse. Les morceaux plus ambiancés sont aussi au programme, je vous laisse juger du chant clair et des riffs plus lourds de "Full Moon". Si des riffs se démarquent remarquablement du reste, c'est aussi que de nombreux passages sont "sympas" sans plus. Mais la qualité globale reste au rendez-vous dans des compos oscillant entre cinq et onze minutes, pour un voyage de trois quarts d'heure dans les paysages enneigés. L'utilisation du synthé permet de relever un peu la sauce et d'insérer des nappes instrumentales plus grandioses. Et c'est aussi de là que vient le défaut de l'album.

When the Sun... est gravement handicapé par un son relativement indigeste, dû à l'omniprésence du clavier qui relègue tout le monde au second plan dès que l'idée d'appuyer sur une touche l'effleure. Les guitares, au son déjà grésillant, deviennent difficilement perceptibles lors des élans de synthé les plus Bal Sagothiens. Cet assemblage sonore est étonnant alors que When the Sun... a été enregistré au gros studio du coin, à savoir l'AudioAlchemia Studio. L'ex-Beat Studio (qui a vu passer Drukh, Nokturnal Mortum, Dub Buk, etc) ne propose peut-être pas un son effarant de puissance mais le résultat est normalement supérieur à ce qu'affiche Triglav. En attendant, si vous êtes allergiques aux claviers trop présents, vous allez passer un mauvais moment.

Hormis ce détail fort gênant, When the Sun... est un album très agréable à s'envoyer, composé de sept titres solides, d'élans de chant clair bien placés et bien faits ("Through a Battle of Life" superbe, avec son passage central de trompette), de passages glorieux et épiques. La production ratée fait aussi un peu rêver au potentiel de l'album réenregistré proprement. Ce n'est pas un opus essentiel, ni même majeur, même s'il aurait mérité un meilleur sort. En attendant, si vous aimez les groupes de l'Est, banco!

Tracklist (45:50)
1 - The Warrior Of Honour (7:22)
2 - When The Sun Is Rising Above The Earth (5:04)
3 - ...And The New Dawn Is Not For Everyone (5:32)
4 - Through A Battle Of Life (11:03)
5 - Battle Hymn (9:14)
6 - Echoes Of The Past Victories (1:30)
7 - Full Moon (6:03)
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