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  • : Le Blog du Gâteau Se© résume toutes les parutions que j'ai pu commettre sous le pseudonyme de Prince de Lu. Des liens vers mes chroniques, live reports, interviews.
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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 23:30
5.jpg     Emperor

Anthems to the Welkin at Dusk
Candlelight Records, 1997



Au milieu des années 90, la première vague du black métal norvégien est décimée. Entre les morts et les incarcérés, la scène a perdu ses plus grands leaders. Il est temps pour leurs disciples de souffler leur haine. Après leur rencontre avec Euronymous, les ex-Thou Shalt Suffer ont réorienté leur musique pour fonder Emperor et poser les bases d'un black grandiloquent avec In the Nightside Eclipse. Les bases sont là, mais le résultat n'est pas encore assez détaché des fondamentaux primitifs du style. Ihsahn rêve d'orchestrations et d'harmonisations bien plus complexes.

Mais après In The Nightside Eclipse, Emperor est en panne. Samoth est à l'ombre pour quelques temps suite aux incendies d'églises. Faust est également à l'ombre pour encore plus longtemps. Tchort a fait ses valises. Loin de se laisser abattre, Ihsahn va mettre à profit ce temps pour étudier la théorie musicale, et pour se préparer à mettre en place la musique de Emperor telle qu'il la conçoit. Au moment d'enregistrer, le groupe est au complet, comptant dans ses rangs Alsver (Dødheimsgard) et surtout Trym, l'excellent batteur qui a quitté Enslaved. Dès la fin 1996, le mini Reverence met sa petite claque. Le nouveau titre "The Loss and Curse of Reverence" est énormissime. Mais il faut encore attendre avant la sortie de l'album. En grinçant des dents, il faut patienter en se matant une vidéo assez cliché (mon dieu, l'armure de Goldorak). Viteuuu !!

Anthems to the Welkin at Dusk fait partie de ces rares albums qui scotchent dès la première écoute. J'éprouve encore une très grande difficulté à ne pas l'écouter d'un bloc, tellement il est bon de le boire jusqu'à la lie. L'intro "Alsvartr (The Oath)" est déjà ensorcelante avec son arpège étrange qui évolue vers un final grandiose et impérial ! Et dès "Ye Entrancemperium" (et son riff d'intro signé Euronymous), la machine est lancée. Hypnotique ! Le black de Emperor est violent, grandiose, complexe et gorgé d'ambiances étourdissantes. Des claviers viennent appuyer avec parcimonie des rythmiques déboulant à cent à l'heure. Trym martèle sa batterie comme un diable, préparant le terrain pour des grattes incisives, précises et avides de notes. Ihsahn alterne ses hurlements de damné avec des chants clairs guerriers excellents. Bref, LA méta-tarte dans la face à tous les étages.

Blindés de nombreux riffs, les titres évoluent fréquemment, passant d'un passage sauvage à des moments plus ambiancés ("Thus Spake The Nightspirit" est le parfait exemple). Les morceaux s'articulent entre violence et mélodies guerrières, allant jusqu'à l'épique et excellent "With Strength I Burn" et son passage central idéal pour se pavaner à la proue d'un navire (p'tain, quel titre de mammouth). Emperor s'affranchit des couplets/refrains/pont pour se lancer dans une écriture qui semble chaotique. Chaque titre apporte son lot de retournements de situation, mais se déroule pour mener quelque part. Et le groupe nous mène par le bout du nez jusqu'à l'outro de l'album "The Wanderer", qui laisse dans un état d'hébétude avancé. Quelque chose d'énorme vient de sortir des enceintes, c'est certain. Emperor fait partie de ces rares groupes qui méritent le qualificatif "symphonique", car il ne se contente pas d'un synthé qui fait piou piou à coups de nappes. Les orchestrations sont là en grand nombre et elles sont parfaitement intégrées dans des compositions évoluées qui demandent plusieurs écoutes pour être digérées. Talent et maîtrise.

Et c'est évidemment au Grieghallen que Pytten va mettre en boîte ce brûlot. Je ne vous fais même pas l'insulte de présenter ce producteur qui le premier a posé sa marque sur la scène norvégienne. La mise en place est démentielle, savant ajustage entre sauvagerie brute et maîtrise totale. Si vous écoutez attentivement les titres, certains passages rapides ne sont pas nickel-chrome dans la mise en place. Mais c'est bien aussi ça qui apporte un côté complètement débridé aux morceaux, comme dans beaucoup d'albums culte, et contrairement à ce que pensent les producteurs d'aujourd'hui. Le cœur de la bête est palpitant et saigne d'être humain. La production de Pytten et Jørgen Træen fait la part belle aux mediums, délaissant quelque peu les habituelles basses. Je me souviens ma surprise d'avoir un son aussi clinquant dans les oreilles. Mais l'identité sonore du groupe est parfaitement affirmée et on reconnaît cet album à mille lieues. Il serait impossible de l'écouter avec un son différent (au diable, les remasterings superflus).

Toujours fana des artworks à la Gustave Doré, Emperor va définitivement mettre en place son style avec cet album. In the Nightside Eclipse l'a ébauché, Anthems to the Welkin at Dusk va l'affirmer. Album de l'explosion pour le quartet déjà bien connu, il représente la période dorée de Candlelight chez qui on assistait parallèlement à la montée en puissance de Opeth. Ceux qui ont assisté au concert de Toulon ou aux concerts de reformation ne peuvent qu'apprécier la puissance des titres de cet opus sur scène. Loin de s'arrêter dans son évolution, Emperor va pousser un cran plus loin avec un IX Equilibrium plus death et plus orchestral. Mais rien n'égalera plus jamais la sauvagerie et la suprématie de Anthems to the Welkin at Dusk. Comme dirait Virginie Effira, c'est cultissime !!


Tracklist (43:58)
1 - Alsvartr (The Oath) (04:18)
2 - Ye Entrancemperium (05:15)
3 - Thus Spake the Nightspirit (04:30)
4 - Ensorcelled by Khaos (06:39)
5 - The Loss and Curse of Reverence (06:10)
6 - The Acclamation of Bonds (05:54)
7 - With Strength I Burn (08:17)
8 - The Wanderer (02:55)

 
Profil MySpace officiel : http://www.myspace.com/emperorhorde

Site officiel
: http://www.emperorhorde.com
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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 23:00
     Urt

Saatanhark I - Püha Sõda
Stuka Sound, 2006



Bon, étant donné que je ne suis pas sûr que Stuka Sound ait sa place sur VS, je vais vous causer des estoniens Urt tranquillement ici. J'ai bien failli vous parler d'eux avec leur précédent album Varjuring. Mais quand j'ai découvert que le pressage était limité à une poignée d'exemplaires, je me suis dit que ça ne servait à rien de vous faire du mal avec un album introuvable (même s'il est fort bon). D'où cette chronique un peu reportée, pour un nouvel album au titre carrément improbable. La dernière personne qui a essayé de le prononcer est encore aux Urgences de l'hôpital de Saint Germain en Laye, avec sa langue coincée dans le nez.

Urt est né des cendres de Realm of Carnivora en 2004. Le style diffère du black plus true de Realm of Carnivora, qui existe encore en tant que one-man project avec aux commandes le batteur/guitariste de Urt (pas pratique pour les concerts). Urt pratique officiellement du black pagan. En réalité, la touche death est très palpable et la voix ne vous fera pas penser à un groupe de black du tout. je cherche encore musicalement la trace du pagan annoncé. Le chant, limite proche du rac (enfin, le peu que j'ai entendu), confirme que les pays baltes ont vraiment une source bien à eux de vocalistes. Mais musicalement, ça reste un black/death qui envoie bien la purée au fond du motoculteur et qui sait s'ambiancer.

Malgré quelques a priori, le mélange prend très bien grâce à un équilibre entre les parties rapides et rentre-dedans et les gros plombages de molaires à la tronçonneuse. Le son un peu étouffé est finalement assez clair et sied parfaitement au combo. Des effets viennent de temps à autres ajouter à l'ambiance qui se met progressivement en place. Il faut juste passer la barrière du chant pour vraiment pouvoir apprécier un groupe accrocheur. Car Urt sait sortir quelques riffs qui restent bien gravés au fond du cortex (raah le riff-pivot bien death de "Mythos e.m.a."). Le quatuor manie avec intelligence les enchaînements et restent efficaces sans lasser. Armé de quelques passages vraiment brûlants et de compos aux tempos variés, ce Saatanhark montre les crocs et mord. Même si ce dernier album (sans compter un récent split) est moins bon que Varjuring, c'est un coup à choper la rage, ça...



Tracklist (49:28)
1 - Vabadus ja saatuserajad (07:17)
2 - Risti...lapsed! (05:16)
3 - Kõuelõoke (05:08)
4 - XIII (05:21)
5 - Saatanhark (03:02)
6 - Mythos e.m.a. (04:14)
7 - Kirvega purustan... (06:11)
8 - Ja me silmad on nii mustad (06:18)
9 - Salamantra (06:41)



Site officiel: http://www.metal.ee/realm/urt
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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 11:00
     Celestia

Apparitia - Somptuous Spectre
ATMF, 2006



Né en 1995, Celestia est l'un des nombreux projets de Noktu Geiistmortt, leader également de Mortifera et propriétaire du label Drakkar. Celestia est un projet assez prolifique (beaucoup plus que Mortifera), qui a environ sorti 16 productions (tous formats compris). Autre particularité, le groupe a la fâcheuse tendance de mettre les mêmes morceaux sur plusieurs sorties différentes, ce qui a le don de perdre le plus fan des fans. Certains morceaux du présent album datent donc de 2000, alors que la première version de l'album est parue en 2002.

Cette réédition, qui date de la fin 2006, et proposée par l'obscure (et occulte) label italien ATMF (pour Aeternitas Tenebrarum Music Foundation), possède trois points d'intérêts : la rareté de l'édition originale (voire l'impossibilité à le trouver à un prix décent), la beauté de l'objet, le remastering de l'album. N'ayant pas écouté la version précédente, je n'ai pas de points de comparaison, mais le son de cette galette est en total accord avec la musique et le concept du groupe. Pour ceux qui ne connaîtraient pas Celestia, le groupe propose un black metal éthéré que l'on peut qualifier d'aristocratique. Les mélodies empreintes de mélancolies sont soutenues par des textes lorgnant plus vers la poésie prosaïque sombre que vers des textes satanistes. Le chant de Noktu sait se faire plus grave, donnant une note inquiétante au morceau, tout comme il sait se faire plus aigu dans les parties de chant plus rapide.

Les morceaux ne se ressemblent pas entre eux, certains plus mélodiques, d'autres plus agressifs, le groupe se permet même d'insérer un "solo" (sur "Spectra" notamment), ou des parties plus atmosphériques (sur Morbid Romance), mais le tempo est le plus souvent assez élevé. Celestia nous livre là un album abouti, le fruit d'un travail de longue haleine, empreint d'ambiances sombres et malfaisantes, et donnant un sentiment d'élitisme au tout.

La musique est donc au rendez-vous de cette réédition. Mais qu'en est-il de l'artwork en lui-même ? Le peu qu'on puisse dire, c'est que ATMF a sorti l'argenterie. Le label propose un magnifique digibook de 40 pages, agrémenté de nouvelles photos (notamment d'Andy Julia). L'objet final est en parfaite adéquation avec la musique, renforçant le côté éthéré et aristocratique de la musique. Avec cette réédition, Celestia clôt le premier chapitre de son histoire, et le fait de façon grandiose. Le digibook étant strictement limité à 1000 exemplaires, ruez-vous sur les derniers exemplaires (ou alors guettez eBay, et préparez la carte Gold). L'album a été également réédité chez Paragon Records, dans une autre édition.



Tracklist :
1. The Awakening Of The Dormant Fiancée (version Paragon Records)
2. Necromelancholic Reveries
3. Wandering Through The Past Memories
4. Perverted Decadent, Dying, Love
5. Spectra
6. Morbid Romance
7. The Fragrance Of The Dead Rose
8. The Radiance Of The Astral Circle



Site officiel: http://www.apparitia.com


Digibook ATMF



Artwork de la version originale
Full Moon Productions



Artwork de la version Paragon Records
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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 14:45
Compilation

Wood Brothers - Baltia/Ukraina
Elegy Records, 2005



Allez, on se fait un petit écart par une compilation cette fois. La réputation de Scream of the Eastern Lands n'est plus à faire, avec au programme Negura Bunget, Besatt ou Dub Buk. Par contre, Wood Brothers est peut-être une sélection un peu moins connue. Elegy Records a regroupé des titres récents des groupes des scènes baltes et ukrainiennes, qui dédicacent la compilation aux résistants armés contre l'occupation soviétique entre 1940 et 1960. Voila un programme qui va nous rameuter du monde connu des services de police dans la platine. Un petit coup d'œil à la tracklist devrait intéresser ceux qui ne connaissent pas l'objet. L'équilibre entre groupes slaves et baltes est bien respecté et les groupes sélectionnés sont loins d'être inintéressants.

Skyforger ouvre les hostilités avec "In Darkness and Frost" tiré de leur album Thunderforge et propose "Ready to be a Warrior" plus loin dans l'album. Hate Forest poursuit avec un titre extrait de l'EP Resistance qui porte le nom de la compilation. Le groupe présente un second morceau "With Fire and Iron" en fin de compilation (extrait de l'immense Battlefields). Roman saenko a même de la place pour son Drudkh, avec un "Glare of 1768" tiré de The Swan Road. Les titres de Loits "Metsavend", extrait de l'EP Meeste Muusika, et le chant traditionnel "Metsavendada Laul" sont hélas peu probants et représentatifs de la vigueur du groupe. On trouve aussi Nokturnal Mortum avec le très folk "Glory to Heroes" (dont je ne trouve aucune trace, peut-être un inédit). On peut aussi noter la présence de Obtest avec un "Devyniaragis" tiré de leur excellent Is Kartos I Karta. Et également un Astrofaes avec "Soul of the Black Forest" issu de Those Whose Past is Immortal. Bref, de quoi découvrir les grands noms des scènes balto-slaves en une compilation.

Il manque à cette compilation des inédits des grosses locomotives pour attirer le chaland. Mais elle a le mérite de bien résumer les grands ténors et de mettre en avant des groupes moins connus mais pas inintéressants (Urskumug dont je vous conseille Am Nodr). Au passage, on peut noter qu'il parfois impératif d'écouter les albums de certains groupes d'un seul tenant. Drudkh supporte assez d'avoir un morceau isolé du reste de l'album, alors que l'ensemble des titres prend toute sa dimension en une écoute complète. C'est un peu la même pour Hate Forest, à qui il manque le support des chants traditionnels de Battlefields pour être complet. Mais voilà, une belle compilation pour ceux qui souhaitent découvrir le vent glacé de l'Ukraine et la mer froide qui baigne la côté balte.


Tracklist (70:35)
01 - Skyforger (Lettonie) - In Darkness and Frost
02 - Hate Forest (Ukraine) - The Wood Brothers
03 - Loits (Estonie) - Metsavend
04 - Nokturnal Mortum (Ukraine) - GLory to Heroes
05 - Thraphita (Estonie) - Hundiseadus (Law of the Wolf)
06 - Skyforger (Lettonie) - Ready to be a Warrior
07 - Drudkh (Ukraine) - Glare of 1768
08 - Must Missa (Estonie) - Pure Hate
09 - Obtest (Lithuanie) - Devyniaragis
10 - Loits (Estonie) - Metsavendade Laul
11 - Hate Forest (Ukraine) - With Fire and Iron
12 - Astrofaes (Ukraine) - Soul of the Black Forest
13 - Urskumuf (Lettonie) - Heathen's Cave

Site officiel : http://www.elegyrecords.com
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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 01:30
kolo-kolo.jpg24.jpg     Kolo

Kolo
Oskorei Music, 2005



Les terres slaves ne voient pas naître que des groupes extrêmes. Certains des artisans de la scène ukrainienne tentent de se diversifier constamment. Le premier exemple qui vient à l'esprit est le touche-à-tout Roman Saenko qui, loin de se contenter des subsides de Hate Forest et du franc succès de Drudkh, comptent nous envoyer Blood of Kingu dans la face et se perd dans l'ambient de Dark Ages. Saenko n'est pas le seul homme-orchestre de Kharkov. L'ex-Nokturnal Mortum Munruthel s'est également impliqué dans de nombreux projets au fil des années, projets plus ou moins vivants à l'heure actuelle. J'avoue ne pas avoir été convaincu par le heavy/pagan de Finist ou par le black ambient de Mistigo Varggoth Darkestra (ouch, ce nom). Bref, en dehors de Munruthel, le sieur Munruthel ne me fait pas frétiller beaucoup les esgourdes.

Et puis, au détour d'une distro, je suis tombé sur le premier album éponyme de Kolo. Le terme "Kolo" qui signifie "cercle" en ukrainien a une signification profondément mystique (le soleil, la roue solaire, tout ça). Ne vous laisser pas abuser par les catalogues qui indiquent "pagan folk" comme style pour Kolo, car il s'agit ici d'un projet de musique ambient/folk sans aucun rapport avec le métal. La présence d'électronique est prépondérante dans des morceaux assez lents où s'intègrent de nombreux samples. Divers sons comme le glatissement d'un aigle ou des vieux chants en Ukrainien (on dirait du lapon) viennent s'intégrer avec élégance dans des rythmes tranquillous.

Par moments, Kolo évoque les passages les plus calmes d'un Afro Celt Sound System (maintenant Afrocelts), voire même du Arrested Development. On trouve notamment cet esprit sur le 6ème titre dont le nom en ukrainien m'échappe totalement. Et si vous aimez la musique de la pub Ushuaïa où une donzelle s'envoie un grand coup de déo dans la jungle amazonienne, vous êtes client de cet album. Bref, pas grand chose à voir avec le métal tout ça, avec sa musique très cool fortement ancrée dans l'électronique. Apaisant et dépaysant, ce premier album de Kolo s'écoute tranquillement et fait voyager dans les grandes steppes russophones. Ca change un peu des candidats pourris de l'Eurovision et je préfère largement cet album à ceux bruitistes et inutiles de Dark Ages.

Tracklist (41:43)
1 - (6:12)
2 - (4:11)
3 - (5:00)
4 - (5:57)
5 - (5:38)
6 - (4:18)
7 - (6:56)
8 - (3:31)

Profil MySpace officiel : http://www.myspace.com/kolomunruthel
Site officiel : http://kolo.u-d-s.org

 

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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 22:00
     Stutthof

And Cosmos from Ashes to Dust...
Battlefield Productions, 2005



Né des cendres de Worship à la fin des années 90, le projet Stutthof pose d'emblée les bases de son intolérance avec son patronyme. Après une rapide recherche, vous constaterez que Stutthof est tout simplement le nom d'un camp de concentration, et non une bourgade allemande où les membres du groupe se seraient rencontrés pendant les vacances d'été. Et à ceux qui sont scandalisés par cette révélation, je conseille d'arrêter le métal extrême qui reste le berceau du non-politiquement correct, de la provocation et des comportements déviants. Alors que le nom de Zyklon ne choque plus, il serait dommage de penser avoir affaire à un bête groupe de NSBM pourri comme la majorité de ceux qui polluent la scène black. Non, Stutthof va bien au-delà et est vraiment intéressant musicalement parlant. Et j'ajoute qu'après dix ans d'activité avec leur référence douteuse, le groupe vient de se rebaptiser Acherontas, ce qui devrait leur ouvrir des portes jusqu'ici verrouillées. Restons concentrés sur la musique.

Revenons-en maintenant à leur album And Cosmos from Ashes to Dust... La bête est sortie en 2005 sous la bannière de Battlefields Productions. Personnellement, je ne l'ai découverte que l'année suivante via la réédition par les espagnols de Drama Company. Et si cette piste était tarie, vous pourrez vous procurer l'objet via sa seconde réédition en 2006 chez Blazing Productions. Pour info, cette dernière contient la démo de 1997 enregistrée sous le pseudonyme de Worship et intitulée Through The Dark Age We're Dreaming. L'album lui-même est la suite du dénommé Towards thy Astral Path... (2003, toujours chez Battlefields).

Pendant 55 minutes, Stutthof balance un black lancinant, froid et violemment ambiancé. La scène grecque montre encore toute sa fureur et toute sa splendeur au travers de cet opus. Moins épique que Nocternity, je compare plutôt Stutthof à nos frenchies de Nehëmah. Comme eux, les grecs mettent en place des titres guerriers et glacialement haineux où la répétition des riffs étourdit l'auditeur et le transporte. Comme vous pouvez le constater, les pièces proposées sont longues (hormis le tandem intro/outro), voire très longue avec le morceau central "Crossing the 9th Gate to the Kingdom of Shadows" qui tape les vingt minutes. C'est le temps qu'il faut pour se saouler des rythmiques jusqu'à la lie et adhérer complètement. C'est le temps qu'il faut pour se laisser envelopper par la froide étreinte de la Mort et succomber. Je garde un coup de cœur personnel pour le premier brûlot "Vampiric Metamorphosis", et sa rythmique rapide et lancinante qui supporte le dialogue entre une voix claire basse et un chant criard antagonique. Ca tombe bien c'est l'extrait dispo sur le profil MySpace.

Cet album est un régal tout simplement. Si vous aimez Nocternity et Nehëmah, il est grand temps de jeter une oreille à Stutthof. Le chant du cygne du projet sous ce nom est un split avec Legion of Doom, autre fer de lance politisé des armées hoplites. En attendant, un p'tit tour au camp s'impose.


Tracklist (55:47 pour l'album)
01 - An Invocation to those who have risen (3:19)
02 - Wampiric Metamorphosis (9:35)
03 - The Horned Moon (8:48)
04 - Crossing the 9th Gate to the Kingdom of Shadows (20:31)
05 - Dragon the great one (9:37)
06 - The Breaking of the 7th Seal (3:55)


Infos complémentaires sur la réédition (et son nouvel artwork ci-contre)

Through The Dark Age We're Dreaming (en bonus sur l'édition Blazing Prod) (21:10)
07 - Dark Endless (06:10)
08 - Through The Dark Age We're Dreaming (06:07)
09 - Pagan Warriors     (05:59)
10 - Worship (02:24)    




Profil MySpace
: http://www.myspace.com/stutthof


Et en parlant de Legion of Doom, je viens de recevoir les rééditions de trois albums par Iso666 Records. Chaque digi A5 limité est déjà superbe. Je vous parlerai du contenu quand j'aurai digéré tout ça. Iso666 (même si c'est un label peu scrupuleux) propose ces derniers temps des rééditions pour collectionneurs.

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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 22:00
     Satyricon

Nemesis Divina
Moonfog Productions, 1996



En 1996, Satyricon n'est pas un groupe inconnu, dans la bouillonnante scène norvégienne qui est encore mal distribuée. Dark Medieval Times (et sa superbe pochette crayonnée main) est encore un album cité par beaucoup de nos jours, malgré une complaisance manifeste pour sa maturité naissante. L'année suivante, The Shadowthrone va mettre pas mal de monde d'accord sur la qualité de composition d'un duo en perpétuelle mutation. Après la pause-réédition du split avec Enslaved, Satyr est alors prêt à sortir le troisième album de la petite bande, toujours sur son label Moongfog. Pour le line-up de Nemesis Divina, Satyr va remplacer Samoth par un certain Kvelduv. Et derrière cet apparent vieillard sur les photos, ne se cache nul autre que Nocturno Culto de Darkthrone. Le frontman de Satyricon a toujours su bien s'entourer.

Toujours riche d'idées, Sigurd Wongraven continue son évolution musicale. Après le black/folk plus que prenant de The Shadowthrone et un album ambient signé Wongraven, où allait-il mener Satyricon? Tout simplement, au bout du processus, jusqu'où il était possible de mener le black/folk sans ajouter d'instruments traditionnels. Satyricon affiche dans Nemesis Divina un black très mature, gorgé de mélodies traditionnelles insérées dans un boule de haine épileptique et agressive. Les morceaux déboulent à cent à l'heure, hypnotisant l'auditeur dès les premières mesures. Là où The Shadowthrone gardait un certain classicisme dans la composition, les structures de Nemesis Divina sont complètement bancales et les thèmes s'étalent sur un bloc de mesures sans aucun complexe. Les gammes employées sont exotiques pour nos oreilles de franchouillards, empruntées à la culture musicale norvégienne. Cet album est totalement hérétique, un modèle de paganisme à la gloire des anciennes idoles. Son impact se ressent aujourd'hui encore et il ne faut pas chercher bien loin les influences de Taake.

Mais Nemesis Divina reste un brûlot black métal avant tout, brutal malgré quelques interventions de clavier. Si "Mother North" et son thème inoubliable est devenu un classique, le reste des titres mérite aussi sa place au panthéon du black. "The Dawn of a new Age", "Forthekset", "Du som hater Gud", "Nemesis Divina" sont autant de pièces sublimes, portées par des mélodies guerrières et des enchaînements hypnotiques. L'interprétation ajoute énormément à l'impact de l'opus, avec un Frost survitaminé et des guitares acérées jouées très instinctivement. Cette agressivité brute, je devrais attendre Errances Oniriques de Belenos pour la retrouver de manière aussi tripante. L'album saute à la gorge, comme une bête traquée. Les dieux païens se sont réveillés en colère et ils enjoignent quiconque à rejoindre leur lutte contre la chrétienté. Les textes en anglais et en norvégien claquent comme des drapeaux au mât d'un drakkar ("Du som hater Gud", nom di diou). Et l'outro "Transcendental Requiem of Slaves" finit de nous persuader que nous venons d'écouter un album hors-norme...

Dernière touche visuelle, Satyricon adopte un maquillage bien plus proche des guerriers scandinaves d'antan que des pandas habituels. Certaines tribus nordiques et les Pictes au nord de l'Ecosse se peignaient le visage en blanc et bleu pour ressembler aux morts et effrayer l'ennemi. Satyr, Nocturno Culto (tous deux complètement décolorés) et Frost arborent des masques de haine dans une mise en scène simple mais efficace. Armes d'hast, oiseau de proie crucifié, ce livret me fascine encore aujourd'hui. Satyricon va parachever son voyage en réalisant sa première vidéo pour le morceau "Mother North". Tout y est. Si aujourd'hui ce trio marchant dans les flammes et crachant du sang peut sembler cliché, à l'époque Satyricon va définitivement ancrer l'identité visuelle du style sur bande VHS. Peut-être qu'ils n'ont rien inventé, mais ils ont rassemblé et imposé.

Ils avaient été au bout du chemin, là où le monde se termine. Il était donc normal que Satyr se tourne vers de nouveaux horizons pour continuer à avancer. Comme le disait si bien maître Yoda "Toujours en mouvement est la Force". Et c'est dans une direction qui va en décontenancer plus d'un que Satyr va s'engager par la suite. Mais c'est une autre histoire...


Tracklist (48:28)
1 - The Dawn of a New Age (07:27)
2 - Forhekset (04:32)
3 - Mother North (06:25) (extrait)
4 - Du Som Hater Gud (04:22)
5 - Immortality Passion (08:23)
6 - Nemesis Divina (06:55) (extrait)
7 - Transcendental Requiem of Slaves (04:44)

Site web : http://www.satyricon.no
Profil MySpace : http://www.myspace.com/satyricon
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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 00:00
     Armaggedon

Ave Satan
Christhunt Productions, 2006



Voila un groupe que vous ne trouverez jamais dans les colonnes de VS et il y a plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, parce qu'ils ne savent pas écrire Armageddon et que sur VS on essaie de respecter l'orthographe des choses autant que possible. Remarquez que cette orthographe erronée a un côté très pratique pour trouver des infos du groupe sur le net ou metal-archives. Ensuite et principalement, parce que le duo derrière Armaggedon aime à poser devant des drapeaux à croix celte et à écrire des textes peu flatteurs pour les victimes de la shoa. Pourtant, le label germanophile Christhunt a bien tenté de nous refourguer ses albums, mais peine perdue. En plus de la politisation, la musique ne suivait pas du tout, restant cloisonnée dans un black raw barbare très pénible. Après avoir écouté Possessed by Satan et Imperium wird durch das Blut wieder aufleben, je ne pensais jamais vous parler de ces isérois à la productivité inversement proportionnelle à la qualité. Mais le grand Satan en a décidé autrement.

Ave Satan est donc le dernier né de la longue dynastie Armaggedon. Sorti en novembre, l'album s'avère encore assez délicat à trouver (je l'ai eu chez Displeased, pour info). Et à l'écoute, j'ai été très surpris, très très surpris de la part de nos franchouillards. Armaggedon pratique toujours un raw guerrier et ravageur. Mais le groupe ne se contente plus d'enchaîner les notes comme les lardons sur une pique de barbecue. Il se passe quelque chose à l'écoute. Toujours primitif et haineux, le duo (épaulé d'un batteur de session) propose une ambiance et une mise en place que je n'osais plus espérer de leur part. Ca watte, mais ça le fait dans les règles de l'art.

Bon, n'allez pas croire qu'ils ont réinventé l'eau chaude. On crie "Ave Satan" et on embraye sur plus d'une demi-heure de furie barbare. Néanmoins, au milieu des blasts énergiques, les instants comme le break mélodique de "Worship the Goat" apportent beaucoup à l'ensemble, font respirer le bloc de morceaux. Armaggedon lève le pied par rapport à ses précédentes sorties et parvient à déployer une atmosphère malsaine et vindicative assez bien réussie. Il suffit d'écouter des morceaux comme "Holocaust", "Smashing Placenta of the Virgin Womb" ou l'ironique "Fuck the Trends" pour constater que le fait de lever le nez de ses rythmiques furibardes permet au groupe de placer des leads et des riffs plombés intéressants. Rien n'est encore essentiel, mais l'album se tient très bien et s'écoute la bave aux lèvres et le poing serré par la haine.

Pour le reste, il y a peu à en dire. Armaggedon reste un fervent partisan d'un "Fuck you all ! No contact !" dont je ne désire pas les extirper. Et après tout, on s'en balance. Dans ce style, tant que ça latte...


Tracklist (36:27)
1 - Ave Satan (3:27)
2 - Black Goat Sodomiser (3:39)
3 - The Last Attempt Before Suicide (4:08)
4 - Worship The Goat (7:23)
5 - Holocaust (Jeovah's Zyklon-B Overdose) (4:16)
6 - Join Us In Blasphemy (2:13)
7 - Smashing Placenta Of The Virgin Womb (3:09)
8 - Crush The Trends (4:19)
9 - The Omen (Sexual Rites) (3:51)

Site du label : http://www.christhuntproductions.com
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9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 22:00
     Sirius

Spectral Transition - Dimension Sirius
Nocturnal Art Productions, 2001



Alors, là j'ai été estomaqué.
Lire qu'une distro que tout le monde fréquente sur VS brade complètement le premier album d'un excellent groupe dans l'indifférence générale, j'en suis même abasourdi. Je parle plus précisément de l'album Aeons of Magick des portugais Sirius, édité en 2000 par Nocturnal Art Productions. Il y a des fois où le "public" me laisse pantois, à bouder des albums excellents sous prétexte qu'ils sont sortis avant l'avènement du téléchargement massif.

Alors oui, Sirius n'a pas rencontré le succès escompté et a sombré corps et biens en trop peu de temps. Mais c'est oublier que le groupe de Lisbonne démarrait pourtant très fort, décrochant une signature sur le label de Samoth dès son premier opus. Peut-être que la référence de l'album NAP 013 a porté la poisse au combo, je n'en sais rien. Pour ma part, j'étais passé à côté de ce Aeons of Magick. Mais son successeur sorti l'année suivante a fait l'objet d'une bonne campagne de promotion, campagne suffisante pour attirer l'attention des lecteurs de Metallian dont j'étais encore à l'époque.

Si leur premier effort se rapprochait vraiment trop du black avec synthé du mythique Emperor, Spectral Transition va prendre une direction plus radicale, plus brutale incluant des éléments "cyber" et froids à l'univers des portugais. Rien qu'un titre comme "Spiritual Metamorphosis" nettoie les cages à miel avec fougue. Sirius est violent, audacieux et malsain. La misanthropie incarnée pour plus de 50 minutes de brutalité glacée dans un black avec synthé très énergique. Le quatuor portugais va s'entourer de guests norvégiens de qualité : Faust vient faire des voix et des percussions, Daemon (Limbonic Art) vient hurler sur quelques titres, Samoth vient prendre la basse sur la reprise "The Majesty of the Nightsky". Bref, du très lourd vient apporter sa touche à l'ensemble.

Alors que son prédécesseur a été enregistré au Portugal avant de voyager en Norvège pour le mix et le mastering, Spectral Transition va directement être mis en boîte au légendaire Akkerhaugen. Le mastering est évidement l'œuvre de Tom Kvålsvoll au Strype Audio. Le son est donc purement norvégien et se rapproche grandement de son modèle Empirique. Rien à redire sur cette production qui nous était familière et qui colle parfaitement à l'ambiance de l'opus.

Et puis l'étoile de Sirius va briller un peu trop fort. Devant les excellents retours sur leur second forfait, le groupe va signer chez Nuclear Blast et son leader Draconiis va déménager en Norvège avec l'intention de pousser le groupe vers un métal encore plus "cyber". Ses camarades vont décider de rester à Lisbonne. Le guitariste A. Ara, le batteur/bassiste/clavier Vukodlack et le vocaliste Gornoth (récemment dégagé à ce moment) ne suivront pas Draconiis et seront remplacés sur place par Cato Bekkevold (qui est aujourd'hui dans Enslaved), Lars Sorensen (Red Harvest), D.Void et Kenneth Lindberg. Et après, plus rien. La flamme s'est-elle éteinte ? En attendant, après ce dernier line-up connu, Sirius va s'éteindre et ne plus donner aucune nouvelle.

Il semblerait que Draconiis ait eu l'intention d'utiliser le deal avec Nuclear Blast pour son nouveau projet Re:Aktor et de splitter Sirius définitivement. Avec son nouveau line-up, Draconiis (devenu Nexion K.) va enregistrer dans la douleur Zero Order puis revenir à Lisbonne avec D.Void quelques temps plus tard. Mais c'en est terminé de l'aventure de l'étoile filante Sirius qui n'aura eu le temps que de nous laisser un Spectral Transition de toute beauté, dont on peut aujourd'hui retrouver toute la rudesse et la violence dans un groupe comme Zyklon. Qu'il est dommage de voir certains groupes bradés...


Tracklist (52:11)
1 - Spectral Transition (1:27)
2 - Spiritual Metamorphosis (5:08)
3 - In Astral Plains of Trance (5:19)
4 - Abstract Eerie Corridors (4:47)
5 - Desolate Magnetic Fields (5:35)
6 - Into Forbidden Dimensions (5:10)
7 - Axis (3:52)
8 - Stellar Transcendence (5:20)
9 - Paradox Timeline (6:48)
10 - Dimensional Quantum (2:59)
11 - The Majesty of the Nightsky (4:21)

Deux morceaux de chaque album sur le profil MySpace :
http://www.myspace.com/siriuseternal
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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 22:00
     Golden Dawn

The Art of Dreaming
Dark Matter Records, 1996



Aujourd'hui, je vous propose de remonter le temps. Mais je vous rassure, le voyage ne sera pas fait en vain. Nous allons à la rencontre d'un album qui a bouleversé mon monde musical, une perle noire qui a encore sa place dans mon panthéon du black métal : The Art of Dreaming de Golden Dawn.

Fondé en 1992 en tant que projet solo par Stefan Traunmüller, l'ésotérique Golden Dawn n'a fait parler de lui en France qu'à la sortie de son premier album. En 1995, Stefan avait été introduit dans l'Austrian Black Metal Syndicate par Ray Wells de Pazuzu et Martin Schirenc de Hollenthon. Après divers enregistrements, il signe chez Dark Matter Records (label où sont actifs Schirenc et Wells) pour son premier opus The Art of Dreaming. Epaulé par Schirenc, Traunmüller enregistre à l'inconnu Sing Sang Studios et fait intervenir des invités de marque, dont Thomas Tannenberger (Abigor). L'album sort en 1996, salué unanimement par la critique et encensé par la scène UG.

The Art of Dreaming est un fourre-tout improbable. L'ossature est un black raw à la production râpeuse comme la peau d'un serpent, une boule de venin pulsée par la voix haineuse de Stefan. Et le fieffé coquin y mélange des éléments improbables : une voix de bariton ou les vocalises féériques d'une douce donzelle, beaucoup de synthé aérien, même du cor de chasse, etc. Tout cet assemblage était totalement incongru à l'époque et l'est encore par endroits. Mais l'album a gardé intact toute son efficacité et sa fraîcheur, sans sonner "vieux cliché". Les thèmes mélodiques portés par tantôt un lead de guitare, tantôt un élan de claviers sont absolument ravageurs. Chaque titre de cet opus magique porte sa marque, une identité propre qui le différencie au milieu de la tracklist. Que ce soit le début martial suivi des coups de double de "My Confession to War" (qui était l'extrait dans la compil Metallian), le début au cor de chasse de "Per Aspera Ad Astra", la poésie de la première partie de "The Art of Dreaming", le côté beat techno de "Sub Specie Aeternitatis", l'orgue furibard de "Beyond the Mortal Shell", bref chaque morceau est un moment de pur bonheur et se trouve complètement différent de celui qui le précède ou le suit.

Stefan Traunmüller ne parviendra pas à se sortir du piège du premier album fabuleux. D'autant plus qu'il connaît des soucis autres que créatifs.  Wells et Shirenc ayant quitté Dark Matter Records ; Golden Dawn se trouve coincé avec son contrat et aucun soutien d'un label en pleine crise. Enregistré, Solemn Day ne verra pas le jour. Traunmüller devra attendre 2001 pour s'évader et signer chez (sic!) Ars Metalli. Alors que Masquerade est prêt, le label met la clé sous la porte et force Golden Dawn à s'autoproduire. Masquerade ne verra le jour qu'en 2003 par le biais de Napalm Records. Sept ans après son premier album, Golden Dawn réapparaît. Hélas, le novel album est extrêmement décevant et le groupe n'est plus attendu que par une poignée de fans grisonnants. Napalm Records réédite également The Art of Dreaming en 2003, avec un nouvel artwork encore plus laid que l'original (il fallait le faire). Et c'en sera fini. Le rideau tombe sur un projet qui n'a jamais explosé.

A l'heure où la production black métal est submergée de groupes inutiles, il ne faut pas oublier les gloires du passé. Golden Dawn n'a pas connu une belle carrière, mais a juste sorti un album atypique et bien en avance sur son temps. Inclassable, fabuleux et complètement secoué du bocal. Ce n'est pas ça ce qu'on attend du black métal ?


Tracklist:
1 - Ideosynchronicicity (3:13)
2 - The Art Of Dreaming (4:24)
3 - Nothing But The Wind (6:46)
4 - My Confession To War (4:24)
5 - Sub Specie Aeternitatis (4:23)
6 - The Majesty Of My Kingdom Afar (7:12)
7 - The Sorcery Of The Nagual Side (3:56)
8 - Per Aspera Ad Astra (8:17)
9 - Beyond The Mortal Shell (6:17)

Profil MySpace officiel :
http://www.myspace.com/goldendawnofficial
Site officiel: http://www.goldendawn.at

Pochette de la réédition 2003












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