Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le Blog du Gâteau Se©
  • : Le Blog du Gâteau Se© résume toutes les parutions que j'ai pu commettre sous le pseudonyme de Prince de Lu. Des liens vers mes chroniques, live reports, interviews.
  • Contact

Bienvenue

Pour être au courant des publications de nouveaux articles  sur ce blog, n'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter. Ne croyez pas qu'elles seront très nombreuses, le temps manque toujours, surtout pour rédiger. Et pourtant il y a tellement de choses à discuter. Et j'espère que nous pourrons trouver ici un espace d'échange convivial à propos de musique, et uniquement de musique...

Rechercher

Liens



Retrouvez mes ventes sur le forum de VS

Archives

22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 22:00
     Satyricon

Nemesis Divina
Moonfog Productions, 1996



En 1996, Satyricon n'est pas un groupe inconnu, dans la bouillonnante scène norvégienne qui est encore mal distribuée. Dark Medieval Times (et sa superbe pochette crayonnée main) est encore un album cité par beaucoup de nos jours, malgré une complaisance manifeste pour sa maturité naissante. L'année suivante, The Shadowthrone va mettre pas mal de monde d'accord sur la qualité de composition d'un duo en perpétuelle mutation. Après la pause-réédition du split avec Enslaved, Satyr est alors prêt à sortir le troisième album de la petite bande, toujours sur son label Moongfog. Pour le line-up de Nemesis Divina, Satyr va remplacer Samoth par un certain Kvelduv. Et derrière cet apparent vieillard sur les photos, ne se cache nul autre que Nocturno Culto de Darkthrone. Le frontman de Satyricon a toujours su bien s'entourer.

Toujours riche d'idées, Sigurd Wongraven continue son évolution musicale. Après le black/folk plus que prenant de The Shadowthrone et un album ambient signé Wongraven, où allait-il mener Satyricon? Tout simplement, au bout du processus, jusqu'où il était possible de mener le black/folk sans ajouter d'instruments traditionnels. Satyricon affiche dans Nemesis Divina un black très mature, gorgé de mélodies traditionnelles insérées dans un boule de haine épileptique et agressive. Les morceaux déboulent à cent à l'heure, hypnotisant l'auditeur dès les premières mesures. Là où The Shadowthrone gardait un certain classicisme dans la composition, les structures de Nemesis Divina sont complètement bancales et les thèmes s'étalent sur un bloc de mesures sans aucun complexe. Les gammes employées sont exotiques pour nos oreilles de franchouillards, empruntées à la culture musicale norvégienne. Cet album est totalement hérétique, un modèle de paganisme à la gloire des anciennes idoles. Son impact se ressent aujourd'hui encore et il ne faut pas chercher bien loin les influences de Taake.

Mais Nemesis Divina reste un brûlot black métal avant tout, brutal malgré quelques interventions de clavier. Si "Mother North" et son thème inoubliable est devenu un classique, le reste des titres mérite aussi sa place au panthéon du black. "The Dawn of a new Age", "Forthekset", "Du som hater Gud", "Nemesis Divina" sont autant de pièces sublimes, portées par des mélodies guerrières et des enchaînements hypnotiques. L'interprétation ajoute énormément à l'impact de l'opus, avec un Frost survitaminé et des guitares acérées jouées très instinctivement. Cette agressivité brute, je devrais attendre Errances Oniriques de Belenos pour la retrouver de manière aussi tripante. L'album saute à la gorge, comme une bête traquée. Les dieux païens se sont réveillés en colère et ils enjoignent quiconque à rejoindre leur lutte contre la chrétienté. Les textes en anglais et en norvégien claquent comme des drapeaux au mât d'un drakkar ("Du som hater Gud", nom di diou). Et l'outro "Transcendental Requiem of Slaves" finit de nous persuader que nous venons d'écouter un album hors-norme...

Dernière touche visuelle, Satyricon adopte un maquillage bien plus proche des guerriers scandinaves d'antan que des pandas habituels. Certaines tribus nordiques et les Pictes au nord de l'Ecosse se peignaient le visage en blanc et bleu pour ressembler aux morts et effrayer l'ennemi. Satyr, Nocturno Culto (tous deux complètement décolorés) et Frost arborent des masques de haine dans une mise en scène simple mais efficace. Armes d'hast, oiseau de proie crucifié, ce livret me fascine encore aujourd'hui. Satyricon va parachever son voyage en réalisant sa première vidéo pour le morceau "Mother North". Tout y est. Si aujourd'hui ce trio marchant dans les flammes et crachant du sang peut sembler cliché, à l'époque Satyricon va définitivement ancrer l'identité visuelle du style sur bande VHS. Peut-être qu'ils n'ont rien inventé, mais ils ont rassemblé et imposé.

Ils avaient été au bout du chemin, là où le monde se termine. Il était donc normal que Satyr se tourne vers de nouveaux horizons pour continuer à avancer. Comme le disait si bien maître Yoda "Toujours en mouvement est la Force". Et c'est dans une direction qui va en décontenancer plus d'un que Satyr va s'engager par la suite. Mais c'est une autre histoire...


Tracklist (48:28)
1 - The Dawn of a New Age (07:27)
2 - Forhekset (04:32)
3 - Mother North (06:25) (extrait)
4 - Du Som Hater Gud (04:22)
5 - Immortality Passion (08:23)
6 - Nemesis Divina (06:55) (extrait)
7 - Transcendental Requiem of Slaves (04:44)

Site web : http://www.satyricon.no
Profil MySpace : http://www.myspace.com/satyricon
Partager cet article
Repost0

commentaires

oedipian 29/04/2007 15:46

c'est à mon avis le meilleur album de black qui ait jamais été produit. j'en rajoute pas, tu as tout dit.

Articles Récents